Barcelone : La Sagrada Família de Gaudi

par Images
0 commentaire
Barcelone sagrada familia

Le saviez-vous ? Les bâtisseurs de cathédrale, ou bien les architectes concevant des projets au moins aussi démentiels ne vivaient jamais assez longtemps pour contempler l’aboutissement ultime de leur ouvrage. En un sens, ils se sacrifiaient pour une cathédrale comme la Sagrada Familia, une église, un monument qui les dépassait afin d’adresser ce généreux présent venu tout droit du passé à des contemplateurs futurs situés bien loin dans le temps.

Gaudi, en 1882, aura alors entamé des travaux qui, à ce jour, ne sont pas encore achevés. Pour bien faire les choses, il faut prendre son temps. Quitte à ce que ledit temps ne s’éprouve au fil de plusieurs générations. La Sagrada Família, quand on constate alors sa superbe actuelle, valait bien plus d’un siècle de construction.

La Sagrada Família, une histoire tumultueuse

Avant même de se considérer pour ce qu’elle est sur le plan architectural – c’est à dire un joyau inestimable – la Sagrada  Família fascine par l’histoire qui entoure son édification. Il est question après tout d’une basilique splendide qui n’en finit pas de se construire et ce, depuis près d’un siècle et demi. Cela, pour nous qui sommes contemporains de ce qui s’apparente à ses finitions, ne peut clairement que nous ébahir.

La Cathédrale Sagrada Familia

La Genèse d’une basilique monumentale

Le Temple Expiatori de la Sagrada Família de son nom complet, traduit en français par Le Temple Expiatoire de la Sainte-Famille est un projet remontant à la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Avant que les premières pierres ne soient posées, l’édification de la bâtisse connaissait déjà quelques débuts houleux.

D’abord destiné à faire honneur à la Sainte-Famille, soit, au Christ, à la vierge Marie et à Saint-Joseph, la Sagrada Família partait d’un simple projet d’église de style néo-gothique. Suite à quelques différends entre Joan Martorell i Montells, l’architecte désigné en 1881 pour entamer le projet et son assesseur, le projet, voué à bien peu de choses est abandonné entre les mains d’un apprenti architecte : Antoni Gaudi.

Celui-ci voit alors les choses en grand. En très grand. Si grand que la Sagrada Família n’en finit pas de culminer sans cesse plus haut plus d’un siècle après sa construction. Le projet est monumental : 18 tours, dont la plus haute sera élevée à plus de 175 mètres, cinq nefs et un style architectural avant-gardiste pour l’époque ; rarement l’ambition d’un homme aura donné lieu à de tels desseins.

Le tournant décisif dans la construction de la  Sagrada Família

Bien qu’il eut envisagé de vivre suffisamment longtemps pour voir un jour son projet se concrétiser jusqu’à la dernière pierre, Gaudi mourra en 1926, remplacé alors par son assistant, Domènec Sugrañes. Lui, sans doute, s’imaginait un jour être le spectateur du chef d’œuvre achevé après que celui-ci ait été commencé par son maître plus de trente ans auparavant. Cependant, les aléas de l’histoire se mêleront au destin de cette construction que l’on sait aujourd’hui légendaire.

1936, l’année évoque bien des choses pour l’Espagne et notamment le pire. C’est en 1936 qu’éclate la guerre civile espagnole avec son lot de massacres et de destructions. Parmi les factions anti-cléricales, il se sera trouvé des incendiaires pour s’en prendre à ce qu’il y avait de plus beau à Barcelone.

Aussi, si la basilique fut épargnée, l’atelier de Gaudi, lui, fut calciné par les flammes. On ne retrouva rien de ses plans et maquettes. L’ouvrage, commencé son son patronage, devait connaître une nouvelle direction afin de s’achever.

Alors, les architectes s’étant succédés jusqu’à ce jour, en essayant d’être le plus fidèle possible au style complexe et novateur de Gaudi, auront toutefois parachevé l’œuvre à leur manière. Ainsi, se mêlent aujourd’hui différents styles de différentes époques autour de la Sagrada Família, contribuant pour beaucoup à attirer les regards et les passions.

Barcelone ville d'Espagne éblouissante Sagrada Familia

La Sagrada Família comme attraction touristique de premier plan

La Sagrada Família a ce mérite immense de n’être financé que par des donations. Cela encore aura joué pour construire sa renommée. Ainsi, chacun en ce monde, selon ses moyens, aura pu se pourvoir comme mécène d’une des plus somptueuses merveilles architecturales ayant traversé les siècles.

Les donations, depuis longtemps, sont fournies et généreuses. Un projet aussi magnifique, après tout, vaut bien un pareil engouement populaire à travers le monde.

Le joyau de Barcelone : une basilique monumentale

De très loin, la Sagrada Família se veut le site touristique le plus visité non seulement de Barcelone, mais aussi de l’Espagne entière. On dénombre chaque année plus de 3 millions de visiteurs venus s’imprégner de l’atmosphère inédite d’un édifice à la fois magnifique et intemporel.

Si son extérieur à lui seul, époustoufle et interpelle du fait de l’originalité et de la beauté du concept ayant animé le processus créatif, l’intérieur, lui, surprend par son avant-gardisme ; ce dernier se voulant étroitement lié à une tradition architecturale traversant les âges. Les raisons de visiter la Sagrada Família sont peut-être plus nombreuses encore que les pierres ayant servi à son édification.

Peut-être voudrez-vous constater ce à quoi aura contribué à établir votre donation. Il n’appartient qu’à vous de faire le déplacement pour vous régaler le regard d’un monument comptant parmi les plus grandes créations architecturales modernes.

Avenir de la Sagrada Família

Elle a beau déjà avoir un siècle et demi passé, la Sagrada Família n’en finit pas de prospérer et d’évoluer. Depuis 1882 déjà, on s’interroge quant à savoir quand s’achèveront ses travaux. La question se posait alors, et, à ce jour, la réponse est demeurée la même : «On ne sait pas».

Les estimations les plus favorables estiment que l’aboutissement de l’œuvre devrait advenir aux alentours de 2026 ; 2032 si l’on compte les décorations. Mais il est imprudent de se projeter. Personne n’avait prévu la guerre civile, pas plus que tout autre aléa éventuel pouvant entraver à nouveau la construction de la bâtisse.

Peut-être la construction se perpétuera pour ne jamais s’achever ; se perfectionnant un peu plus jour après jour sans pour autant atteindre le stade de la perfection ultime. Ce serait alors un ravissement architectural qui, d’une génération à l’autre, gagnerait en beauté pour davantage époustoufler ses contemporains à chaque époque donnée.

Laissez votre commentaire